Sept contes gothiques, Karen Blixen

Karen Blixen….Mon choc littéraire de 2012….Je crois que c’est la troisième fois que je parle d’elle sur ce blog mais je n’y peux rien son écriture m’envoûte totalement. Et je n’exagère pas, quand je lis ces livres le soir, je rêve de ses décors et de ses personnages. Je crois que c’est une des plus belles écritures qu’il m’a été donné de lire. Mon amoureux m’a offert un très joli cadeau avec ce recueil de contes, j’adore les contes et si en plus ils sont signés Blixen je ne peux que savourer !

Chaque conte contient sa part de magie, on y trouve d’étranges transformations et des fantômes. L’histoire est parfois difficile à saisir, mais comme le dit Blixen, le mystère que laisse certaines histoires fait tout leur charme.

Mon conte préféré issu de ce recueil s’intitule « Les rêveurs ». Un soir sur un bateau, trois hommes discutent. L’un d’eux ne dit rien, un autre est un ancien conteur qui ne sait plus conter et le dernier est un anglais qui va se confier. Il raconte à ses compagnons une étrange histoire qui lui est arrivé. Il y a des années il a aimé une femme, travaillant dans une maison close, pour laquelle il était prêt à tout abandonner mais elle s’est enfuie. Il part à sa recherche à travers l’Europe. Un soir dans un hôtel d’un col des Alpes, il rencontre un vieil ami à lui. Ce dernier est également à la recherche d’une femme. Il va conter son histoire à notre héros et les détails que donne l’ami ne laissent pas de doute, ils ont aimé la même femme, mais celle-ci avait changé d’identité. Un troisième raconte alors à son tour son histoire et lui aussi la recherche. C’est alors qu’elle s’en va de l’hôtel dans lequel ils résident. Ils se lancent à sa poursuite dans une tempête de neige. Le héros parvient à la rattraper, mais celle-ci préfère sauter dans le vide plutôt que d’avoir à s’expliquer sur sa véritable identité. Un vieil ami de la femme fait alors son apparition et leur confie son secret. Cette femme était une cantatrice d’exception qui a perdu sa voix dans l’incendie d’un théâtre à Milan. Depuis sa vie n’est plus qu’une succession d’identités, elle passe son temps à se réinventer envoutant les hommes sur son passage.

Tout ces contes sont très beaux, nous emmènent au 19ième siècle à travers toute l’Europe. Je vous les conseille vivement, mais je ne suis pas objective…J’étais moi aussi ensorcelée…

Publicités

Poster un commentaire

Classé dans A lire absolument, Contes et légendes

Le libraire de Kaboul, Asne Seierstad

Je vous avais parlé il y a quelque temps du livre Les cerfs-volants de Kaboul, qui m’avait montré l’Afghanistan sous un jour nouveau. On m’a prêté récemment un nouveau livre sur ce pays, qui décrit l’Afghanistan des années 2000.

Une journaliste suédoise s’est immergée dans la vie d’une famille afghane et nous fait partager son quotidien. Le rôle des femmes dans la société et dans la famille est au coeur de cette chronique. Les femmes ne peuvent sortir sans être accompagnée d’un être masculin, un homme de la famille ou un petit garçon du quartier. Les relations familiales, et la hiérarchie familiale, est aussi un des thèmes de ce livre. Sultan, le chef de la famille dans laquelle la journaliste a séjourné, régit tout et tout le monde. Ses frères et ses soeurs doivent obéir à ses moindres volontés au risque de devoir quitter le foyer.

J’ai beaucoup aimé ce livre, qui n’est pas un roman mais vraiment une chronique d’une société. Ici l’auteur sait intéresser le lecteur et alterner habilement entre les sentiments des personnages et la réalité et l’histoire d’un pays.

 

Poster un commentaire

Classé dans Pour en apprendre plus

Boujour Tristesse, Françoise Sagan

Il y a peu de temps je suis tombé sur le film retraçant la vie de Françoise Sagan et je me suis rendue compte que je n’avais jamais lu une oeuvre d’elle. Boujour Tristesse, son plus célèbre roman m’a paru un choix judicieux pour la découvrir.

Bonjour Tristesse est racontée par une adolescente qui voit son mode de vie totalement bouleversé lorsqu’une femme s’impose dans la vie de son père. Elle va alors tout mettre en oeuvre pour faire fuir cette femme tout en ressentant pour elle de l’admiration. La fin est tragique, les plans malsains de l’adolescente mène la femme droit vers la mort.

L’histoire de ce roman n’est pas révolutionnaire, il me semble l’avoir déjà lu des dizaines de fois, mais n’était-ce que des copies ? Au-delà de l’histoire, le style est un régal. Les pages s’enchainent sans aucune difficulté et nous transportent. Lorsque je lisais, c’était l’été autour de moi, je pouvais sentir comme l’héroïne le soleil sur ma peau.  Les livres me séduisent souvent avec leur titre et celui-ci a fait mouche.

 

Poster un commentaire

Classé dans Pour passer un bon moment

Le Montespan, Jean Teulé

Jean Teulé et moi c’est une longue histoire. Je suis souvent choquée par ses romans. J’en ai lu déjà plusieurs (Longues Peines, Je, François Villon, Le Magasin des Suicides et Mangez le si vous voulez). A chaque fois je sors ahurie de son univers violent, excepté pour Le Magasin des Suicides qui est une très très jolie surprise. Mais si Teulé m’interpelle, j’aime aussi la façon dont il se réapproprie des faits historiques pour les raconter avec ses mots à lui. J’avais beaucoup entendu parler de son roman Le Montespan, et j’ai eu envie de faire l’essai.

Le Montespan raconte l’histoire du marquis de Montespan, dont la femme deviendra favorite de Louis XIV. Cet homme profondément épris de son épouse ne peut supporter son infidélité. ce n’est pas à elle qu’il en veut mais au roi, qui ose commettre l’acte de séduire cette femme mariée. Le livre raconte les multiples manigances du Montespan pour récupérer l’amour de sa femme. Teulé cite de nombreuses références bibliographiques à la fin de son roman, on peut donc imaginer un bon compromis entre la réalité historique et la romance.

Pour apprécier ce livre, il faut connaître Teulé et apprécier ou du moins tolérer son langage très cru.

 

 

1 commentaire

Classé dans Romans contemporains

Hors de moi, Didier Van Cauwelaert

A la bibliothèque la semaine dernière, je me suis rappelée que je voulais lire depuis longtemps un roman de Didier Van Cauwelaert. J’avais déjà lu plusieurs articles sur ses romans mais je n’en avais encore jamais lu. C’était l’occasion parfaite. J’ai pris au hasard « Hors de moi », là a peut-être été mon erreur, pour deux raisons. D’abord, j’étais persuadé que Didier Van Cauwelaert écrivait des romans, pas des thrillers (peut-être fait-il les les deux) et je suis tombé sur un thriller, donc j’ai été surprise, mais négativement. Ensuite, le thème du livre, c’était la perte d’identité. La Moustache et Le Fait du prince, que j’a lu récemment, traitait déjà de ce thème,ça faisait trop en peu de temps.

Martin Harris, botaniste américain, sort du coma. Arrivé à Paris quelques jours plus tôt pour occuper un nouveau poste, il a été victime d’un accident. A sa sortie de l’hôpital, il se rend dans son appartement où sa femme est déjà. Chez lui, il y a un autre homme. Un homme qui s’appelle également Martin Harris, et sa femme ne se rappelle pas de lui. Il ne comprend pas, se rend au commissariat pour déposer plainte. L’intrus vient aussi et là, surprise, tous deux peuvent justifier leur identité par les mêmes souvenirs, mais seul l’intrus a des papiers pour le prouver.

Martin Harris se lance alors dans la quête de sa propre identité. Il demande à un détective privé de prouver son identité en lançant une enquête aux Etats-Unis. Mais il n’existe pas là-bas. Tous les souvenirs qu’il pense avoir se révèle faux. Il n’a qu’une personne pour l’aider, Muriel, une conductrice de taxi qui se sent responsable de lui car c’est dans son véhicule qu’il a eu son accident à Paris.

Son assistant aux Etats-Unis vient pour l’aider à prouver qui il est. Il s’agit d’un leurre, l’homme essaie alors de l’assassiner…je n’en dis pas plus pour ne pas révéler l’intrigue (très mince) de ce thriller….

Je n’ai pas trouvé ce livre bon…Les personnages sont froids, tous autant qu’ils sont. On ne fait que les effleurer, les émotions sont totalement absentes. L’intrigue tient du bon gros blockbuster américain sans intérêt qu’on oublie dès qu’on l’a vu. Dernier point, pour qu’un thriller soit bon il importe peu que le meurtre ou l’intrigue soit irréaliste, mais il faut que l’enquête le soit. Là on a un homme sans argent qui a perdu son portefeuille mais qui n’a aucun mal à se déplacer dans une ville qu’il ne connaît pas et à faire des dépenses. On perd trop en crédibilité…

Comme je le disais en introduction, je n’étais pas dans de bonnes conditions pour aborder cet auteur. Je referai un essai, pas forcément tout de suite, mais je dois lui laisser une deuxième chance….Mais j’avoue que je pars assez pessimiste sur le fait qu’un deuxième roman puisse me plaire…

 

 

1 commentaire

Classé dans A éviter, Thrillers, polars

Kaïken, Jean-Christophe Grangé

Aaaaahhhhhh !!!! Un nouveau Grangé !!! Vendredi dernier j’étais tranquillement à ma fenêtre quand j’ai vu dans la vitrine de la librairie d’en face une couverture de Grangé qui m’a intriguée….Je ne la connaissais pas !! J’ai foncé ni une ni deux acheter ce livre. Oui, il faut savoir que Grangé est une des rares exceptions que je fais pour les livres. Je ne peux pas résister, je ne peux pas attendre, j’achète tous les Grangé.

Dans ses premiers romans, Grangé avait plus ou moins un schéma d’écriture que l’on retrouvait. Le fait que ces thrillers soient très imaginatifs et toujours extrêmement bien documentés (Grangé a été grand reporter et se sert de ses expériences passés pour la rédaction de ses thrillers) faisait oublier ce minuscule défaut. Mais depuis Miserere, Grangé surprend vraiment. Le Passager, sorti en septembre 2011 était une révolution. Kaïken ne déçoit pas non plus !

L’histoire débute avec Passan, un flic parisien à la recherche de l’Accoucheur, un tueur en série qui s’attaque aux femmes enceintes. Passan sait qui est le tueur et le traque. En parallèle de cette première histoire, la vie privée de Passan intrigue également. Il est obsédé par le Japon traditionnel, il a d’ailleurs épousé une japonaise mais son mariage a échoué. Il faut prendre ses deux aspects de l’histoire pour arriver à une deuxième enquête. Un inconnu s’introduit chez Passan et s’en prend à sa famille. Est-ce l’Accoucheur ou quelqu’un d’autre ?

Je ne peux guère en dire plus s’en dévoiler l’intrigue. Le thriller imbrique trois enquêtes les unes dans les autres, avec des enchaînements remarquables. Les premiers thrillers de Grangé étaient assez sanglants, les deux derniers le sont moins, car l’angoisse est plus crée par des situations et c’est remarquable. Grangé reste vraiment le maître à mes yeux. Il sait apporter le bon dosage aux éléments et personnages pour créer de la tension sans tomber dans l’irréalisme et la lecture de ces 500 pages ne laissent aucun repos.  A lire de toute urgence donc !!

Poster un commentaire

Classé dans A lire absolument, Thrillers, polars

Le joueur d’échecs, Stefan Zweig

Vous allez finir par croire que je suis atteinte de Zweig mania…Je crois que c’est au moins mon sixième livre de lui depuis le début de l’année…Mais je dois avouer que depuis que j’ai lu Ivresse de la métamorphose au début de l’année, j’ai juste envie de lire la totalité de son oeuvre.

Dans Amok, le narrateur recueillait les confessions d’un homme sur un paquebot, le même schéma narratif est repris dans cette nouvelle mais l’auteur démontre son inventivité sur le contenu de l’histoire.

Alors qu’il embarque pour l’Amérique du Sud, le narrateur apprend que se trouve à bord du navire le champion du monde d’échecs. Celui-ci est un homme qui a une bonne technique aux échecs mais manque résolument d’intelligence et de culture générale et n’est intéressé que par l’argent. Ce personnage attise la curiosité du narrateur.

Ce dernier décide d’attirer l’attention du champion en organisant des parties d’échecs sur le paquebot. Le champion accepte de jouer seul contre un groupe de passagers. Il gagne haut la main la première partie.

La nouvelle connaît un dénouement inattendu à ce moment de l’histoire. Alors que le champion remporte la deuxième partie, un inconnu se joint au groupe de passagers. Il observe le jeu et trouve une stratégie pour contrer le champion. La partie s’achève et est déclarée nulle. Tous, passagers comme champion, sont intrigués par cet homme. Le champion propose sa revanche à l’inconnu. Celui-ci refuse.

Les passagers supplient le narrateur d’intercéder auprès de l’inconnu pour qu’il accepte une autre partie, car l’homme étant autrichien, c’est un compatriote du narrateur.

Le narrateur va donc trouver l’inconnu. Il l’interroge sur ses capacités pour les échecs. L’homme lui révèle alors qu’il n’a pas joué aux échecs depuis plus de vingt ans. Il se livre alors à une confession et lui raconte comment il connaît aussi bien les échecs. Et  j’arrête là mon résumé !!! Je ne voudrais pas vous gâcher le suspens !!!

Encore une fois Zweig m’a démontré son talent ! Je ne peux que vous conseiller la lecture de cette nouvelle !!!

Poster un commentaire

Classé dans A lire absolument